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Je travaille depuis Madrid et mon boss le vit bien !

Télétravailler à Madrid

Je n’ai jamais parlé de ma vie professionnelle ici. Ou très peu. Mais je voulais quand même vous raconter mon expérience de salariée basée… à l’étranger ! Aujourd’hui, le télétravail se développe – plus d’autonomie, de liberté, de productivité aussi -, les statuts changent et le salarié de son côté, aspire à plus de conciliation entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. À l’heure où les formes de management évoluent, où l’entreprise se recompose grâce aux outils numériques, où les modes de travail se simplifient ou sont facilités par les nouvelles technologies, j’ai moi aussi franchi le pas – et ma boîte aussi – vers le télétravail, mais à l’étranger !

Chef de projet dans une agence de communication basée à Bordeaux depuis plus de trois ans, j’ai été accompagnée et soutenue dans mon changement de vie en ce début d’année. Je suis partie vivre à Madrid, rejoindre mon compagnon qui y est installé depuis près d’un an. Ainsi, depuis le début du mois de février, je télétravaille à temps plein pour ma boîte, depuis l’Espagne !

Expérience assez particulière, puisqu’à l’habitude, on peut croiser des expatriés qui travaillent pour une boite du pays d’accueil ou des étudiants en Erasmus, mais plus rarement des télétravailleurs pour une entreprise française vivant à l’étranger ! C’est pourquoi, j’ai voulu partager mon petit bout de vie madrilène, connecté à la France tous les jours.

Mais Madrid, c’est quand même loin !

Pas plus loin que Strasbourg !
À l’agence, nous transformons sans cesse nos modes de travail : nous expérimentons, nous imagions, nous réfléchissons à la conciliation entre bonheur au travail et rigueur, entre liberté et autonomie des collaborateurs avec la confiance et la conscience professionnelle. C’est notre philosophie, qui n’est écrite nulle part, mais dont chaque membre de l’équipe a bien saisie !

Depuis longtemps maintenant, l’agence a « pris l’habitude » d’accompagner les différents collaborateurs dans leur changement de vie. Nous avons tous des profils atypiques : nous sommes passionnés par notre métier, mais parfois, notre vie personnelle se chamboule, évolue. Du coup, nous avons la chance d’être accompagnés dans nos changements personnels, sans quitter le super navire de l’agence ! Et ça stimule, ça motive, ça booste d’évoluer dans une boîte comme ça ! Ainsi, nous avons un télétravailleur à Lyon, un autre à Poitiers, d’autres à Paris, à Bordeaux… et moi à Madrid. Tant qu’on est connecté, joignable et derrière ses e-mails entre 9h et 18h, que le boulot est fait à temps et que tout le monde est content, pourquoi s’en priver ?

Et elle ressemble à quoi ta journée de bureau ?

Cafe con lecheAlors, lorsque j’ai préparé mon départ, j’ai demandé à emporter mon ordinateur professionnel (tu sais la grosse tour, le gros écran, le gros clavier et la souris), et quelques dossiers bien sûr.
Du coup, je me suis emménagée un bureau professionnel sur lequel je m’installe lorsque je suis en « temps bureau ». Je ne le touche pas, ni le soir, ni le week-end : c’est comme une annexe de mon bureau bordelais. Du coup, passé les heures de boulot, je n’y vais pas, le bureau « est fermé ». C’est une barrière psychologique je dirais.

Mes journées de bureau « à la madrilène » ne sont pas si différentes de celles que j’avais lorsque j’étais à Bordeaux. Je suis connectée – Skype, Slack, Mail, WhatsApp – dès 9h30 et je suis partie dès que ma journée est finie.
Mais à la différence de mon ancienne vie bordelaise, je n’ai plus de voisin de bureau, je n’ai plus de « pause déjeuner » commune ou de pause « café-clopes » partagée avec d’autres, comme j’avais auparavant.
Je suis toute seule, derrière mon grand bureau, Spotify à fond, mon « cafe con leche » à portée de main, et je gère mon temps comme je l’entends. J’ai besoin de faire des pauses – se retrouver toute seule toute la journée, c’est parfois triste ou fatigant – et je sors pas mal travailler dehors.

J’ai découvert des lieux sympas pour changer de décor, faire un peu de tourisme aussi, ou des rencontres. Je me suis abonnée par exemple à La Piscine (d’où la photo juste au-dessus provient !), le premier « coffice » de Madrid, fondé par des françaises ! C’est un espace qui allie café et bureau (coffee + office = coffice). Ça fonctionne au temps passé : vous ne payez que le temps que vous y passez et vous pouvez profiter de gourmandises, boissons, fruits et connexion Internet en illimité ! C’est un lieu vraiment agréable, calme, où on peut entendre parler en français, en espagnol et en anglais. C’est stimulant et hyper cosy !

Sinon, il m’arrive aussi de démarrer ma journée dans un salon de thé, une bibliothèque ou en terrasse. C’est agréable, on se sent libre et je trouve même que je suis plus créative !

Et tu fais comment pour rester « connectée » à ton équipe ?

Grâce à la Wi-Fi ! Et à la 4G ! Et grâce à mon forfait international !
Toute la journée je suis connectée. Toute la journée, j’ai accès à mes mails, on peut m’appeler, me skyper, me slacker… Mais ce qui est hyper important, du fait que beaucoup de membres de l’équipe soient en télétravail, c’est l’importance que le directeur de l’agence accorde aux réunions téléphoniques ou aux points Skype chaque semaine. Pour avoir cette impression d’être à côté, d’être proche les uns des autres, bien qu’éparpillés un peu partout. Histoire de rester concentrés sur les dossiers en cours et se rendre disponibles si besoin, pour chacun. C’est le rôle du chef de « rallier tout le monde », de motiver et de maintenir l’esprit d’équipe, qui se « digitalise » certes, mais qui est bien là, qu’on soit dans le bureau d’à côté ou à 700 kilomètres.

Raconte-nous ton départ ? Comment l’as-tu préparé ?

Un départ comme celui-là, ça se prépare ! Autant pour soi-même, pour son patron que pour ses collaborateurs. Il faut réfléchir aux conditions « opérationnelles » à négocier avec son boss – où on part, pourquoi on part, combien de temps on part, comment ça pourrait fonctionner, les obligations quotidiennes, les droits et devoirs… – et aux conditions « administratives » – l’évaluation des risques et des opportunités pour la société, le côté administratif du départ qu’il faut préparer, les obligations contractuelles etc…

Pour faciliter mon départ, j’ai constitué un dossier dans lequel j’ai réuni toutes les informations importantes pour mon directeur : les formulaires pour la Sécurité Sociale, les exemples de trajets allers et retours, les frais éventuels que j’aurai sur place, le mobilier que j’aurai à disposition ou qu’il peut me manquer, ma nouvelle adresse postale… Ainsi, tout était clair autant pour moi que pour mon boss. J’ai proposé une date de départ et j’ai pu partir sereinement !

J’ai quitté le bureau de Bordeaux un vendredi soir avec mes petits cartons et dès le lundi, j’étais derrière ma webcam pour la réunion hebdomadaire !

Et ton boss, il en pense quoi de tout ça ?

Il suffit de lui demander 🙂 !

Eloi, quel était ton sentiment au départ ? :

« L’idée de travailler différemment a toujours été dans les gènes de Triple C. J’ai commencé en travaillant chez moi puis nous avons grandi et déménagé plusieurs fois. Nous sommes constamment « sur la route » entre les territoires où nous déployons nos événements augmentés. Depuis plusieurs années déjà, nous devons coordonner des freelances, des partenaires, des collaborateurs un peu partout répartis en France. Cette idée ne m’a donc pas fait peur.

Il y a toujours ceci dit une petite appréhension lorsqu’on change un quotidien, un rythme bien établi qui ronronne parfaitement. Mais encore une fois, la transformation permanente fait partie de notre culture. Nous aimons, j’aime, changer d’habitude et imaginer toujours de nouvelles manières de travailler mieux.

Travailler mieux pour certains, cela passe par des horaires souples, par un coin de bureau pas loin de sa cuisine ou dans un espace de coworking. Mon job à moi de chef d’orchestre est d’adapter le modèle de l’entreprise aux changements que nous opérons tous régulièrement. Nous surfons sur les déséquilibres et cela devient notre équilibre en quelque sorte, pour paraphraser le parrain de bon nombre de nos projets maison Joël de Rosnay.

Nous avons des outils de travail partagés ensemble et avec nos clients. Ce mode de travail repose sur la confiance et l’empathie, c’est donc un passage important quand on le vit pour éprouver des valeurs qu’on pense avoir assez facilement. Beaucoup autour de moi avouent qu’ils auraient du mal à vivre cette situation. Pour ma part je pense que c’est assez enthousiasmant d’essayer de nouvelles manières de faire. Cela devient l’illustration d’un projet d’entreprise au final. Un projet qui repose vraiment sur la confiance, le dialogue, la rigueur et le bon sens.

Juste un mot sur un sentiment de départ. Au-delà du « pas de problème, on l’a déjà fait, on s’adapte toujours… », il y a tout de même une légère angoisse qui est arrivée très vite. Oui nous l’avions fait. Mais nous l’avions fait avec des collaborateurs à Paris, Poitiers, Lyon, Bordeaux… mais pas Madrid. Il y a un léger choc psychologique tout de même à affronter. Puis la raison l’emporte : « Madrid est aussi loin de Bordeaux que Paris », « les voyages ne sont pas si chers », « Ils ont internet aussi là-bas après tout », « et puis si nous pouvons avoir un peu chorizo et de Rioja de temps à autres… ». »

Et s’il y avait un petit bilan à tirer après 3 mois ?

« Un bilan de trois mois ce n’est jamais simple à faire. Je préfère me prononcer au bout de 6 mois minimum. Pour le moment je dirais que tous les feux sont au vert. Que les dossiers sont très bien suivis. Que tout cela est relativement transparent pour le moment. Nonobstant la distance, pour moi c’est pareil de travailler avec Madrid, Lyon, Poitiers, Paris finalement… Et je finirais par dire que c’est assez agréable de parler de l’Espagne dans nos réunions. À suivre donc 🙂 »

Si tu devais tirer un petit bilan de ton expérience ?

Madrid IbizaCela ne fait que trois mois que je suis partie, mais j’ai su gérer autant de dossiers que si j’étais à Bordeaux ! J’ai fait deux aller-retours pour diriger trois événements à Bordeaux et je m’apprête à m’envoler pour Paris en mai et juin. Je deviens très mobile, j’adapte mon emploi du temps et j’optimise ma présence lorsque je suis à Bordeaux ou à Paris.

Aujourd’hui, je suis heureuse ! J’ai l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle que je souhaitais. J’ai la chance d’habiter une ville dynamique, ensoleillée à 95% du temps, peuplée de gens hyper agréables, accessibles et ouverts. J’améliore mon espagnol de jour en jour, je me suis remise à la cuisine bien comme il faut, au sport, je dévore une tripotée de bouquins en français et en espagnol, j’ai plus de temps pour écrire dans mon blog, je me consacre à des projets personnels, je prends soin de mon chez moi … Le fait de vivre à l’étranger ouvre les écoutilles de la curiosité, de l’énergie, de la soif de découvrir ! Je n’ai jamais été aussi contente de me lever très tôt ou me coucher tard : j’ai encore pas mal de choses à découvrir à Madrid et aux alentours !

Et ce qui change désormais : je ne perds plus mon temps dans les transports matin et soir, j’évite les bouchons puisque j’ai laissé ma voiture en France et je me sens clairement moins fatiguée. J’ai l’impression d’avancer plus vite, d’être plus créative, productive aussi.

Et la sensation que j’apprécie particulièrement, c’est quand je travaille sur un projet bordelais à fond, ou que j’ai des conversations téléphoniques avec des clients français ou certains de mes collègues… Alors que je suis concentrée, d’un coup, je peux entendre les sirènes d’ambulances espagnoles ou le concierge qui passe dans le couloir et qui discute en espagnol. Le décalage est sympa ! « Ah bah oui, je suis à Madrid !« .

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Travailler de n’importe où, du moment qu’on soit opérationnel, connecté, rigoureux, ça vous plairait ? 
Les nouveaux types de management, de managers, d’entreprises, ça vous inspire quoi ?

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3 Tous les commentaires

  • Reply
    OPPENOT Nicolas
    28 avril 2017 at 20:46

    Tu remplaces le chorizo par les quenelles et j’aurais pu écrire la même chose depuis Lyon chère collègue 😉 C’est chouette de te savoir aussi heureuse ! Vive Triple C et ses belles relations humaines .. augmentées qui plus est !

    • Reply
      Laura
      29 avril 2017 at 17:53

      +10000 ! Hihi yeah !
      😀 😀

  • Reply
    Showroom de Keishana (Nesly)
    2 mai 2017 at 18:10

    ooooh lala c’est une super idée. Tu as l’air super bien organisé. Franchement c’est le top

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