Alors ça !

Le foot est-il anti-nanas ?

FEMMEFOOT

Un matin de juin, alors que je prenais mon long café sucré et mes petites tartines beurrées, je faisais ma petite revue de presse du matin. Tout juste levée, il fallait ma petite dose de Twitter. J’étais d’assez bonne humeur, la France n’avait pas perdu son dernier match de qualification à l’Euro, ce qui lui valut une première place bien pépouze pour la phase des 8èmes de finale. Nous avions passé la soirée sur la Fan Zone de Bordeaux : belle ambiance, des rires (parce que ça, et ça), des frayeurs, de faux espoir, mais un chouette moment en somme ! Qui y ai-je croisé ? Des garçons, des filles, des jeunes, des plus âgés, des parents, des enfants, des poussettes, des bébés, des femmes enceintes, des handicapés, des chômeurs, des actifs, des étudiants… Tous étaient maquillés aux couleurs des Bleus, s’étaient couverts d’un large drapeau tricolore, ont entonné la Marseillaise au moment des hymnes, et tous ont vibré aux actions de l’équipe !

Tu la vois la petite case ?

C’est donc à l’orée d’une belle journée que je faillis m’étrangler avec une biscotte beurrée à la vue d’un tweet repris par Les Martiennes, Mademoiselle Modeuse et même Brain Magazine.
L’objet du crime ? Le voici :

Capture d’écran 2016-06-20 à 19.54.14
Alors, alors, alors ? Tu la vois la petite case ? Tu la vois la petite boîte dans laquelle, ô toi, jeune fille / femme / mère / soeur / fiancée, vas-tu pouvoir trouver ta place pendant un mois, selon ce grand magasin ? Ces magnifiques sacs en toile sont disponibles chez Auchan !

Quand un sport, que l’on qualifie de « national », « rassembleur », quand un événement pareil est « prétexte à rassembler les gens, les cultures, les nationalités, les familles, pour faire la fête, pour passer un moment ensemble », Auchan se trouve complètement hors sujet. Manifestement, le football diviserait plus qu’il ne rassemblerait selon Auchan. J’aimerais bien être une petite souris, remonter le temps, et venir écouter leur séance de brainstorming, fruit d’un truc pareil.

Nous aussi on joue au foot !

J’entendrai toujours les mots de cette pauvre femme, affamée, qui veut absolument le dernier Kinder Bueno du distributeur et qui risque de se le faire piquer par Didier Drogba « parce qu’il est Didier Drogba, le footballeur ».
La jeune femme ne se laisse pas faire face à lui, parce qu’elle aussi elle joue au foot, et qu’elle peut aussi très bien manger ses barres chocolatées si elle a envie, non mais ! (Et même sans jouer, ça marche aussi hein).

Tenez, séquence souvenir.

 

(Et en plus, il lui propose une barre aux céréales ! Non mais, laissez-nous manger du gras bon sang ! Bref, passons.)

C’était sûr de toute façon. Lorsqu’une grande compétition sportive approche – notamment de football -, les stéréotypes vont bon train ! Les hommes à la bière et branchés H24 sur TF1 et les femmes, entre copines, au cinéma, en séance shopping. Sérieusement ?! On en est encore à penser ça ?! Un article réalisé par So Foot lors de la Coupe du Monde 2014 montrait déjà le rapport qu’entretiennent les femmes au football (notamment en temps de compétition) et aussi, comment les médias féminins se comportent pour « enseigner aux femmes » ce qu’est le football…

Moi-même volontaire sur l’Euro à Bordeaux, je fais partie des 6 500 personnes mobilisées pour le tournoi. Et vous savez quoi ? Les femmes bénévoles sur l’événement représentent 40 % ! Si c’est pas un chiffre qui parle de lui-même ! La parité n’est pas parfaite, bien sûr, mais ce chiffre compte !

Vous voulez d’autres chiffres ?
En 2000, on comptait 35 000 licenciées. Aujourd’hui, leur nombre a dépassé la barre des 100 000 ! Une nette progression qui s’illustre aussi par leur professionnalisation. L’équipe féminine espère décrocher une médaille aux J.O. de cet été à Rio et prépare déjà la Coupe du Monde en 2019 en France.

Dernièrement, une jeune femme s’est grimée en homme pour voir son équipe jouer à Téhéran. Pourquoi se déguiser ? Parce que depuis 1979, les iraniennes n’ont pas le droit de venir voir un match au stade. Exclusion et discrimination, bonjour !

Avec un peu d’ouverture, de communication et d’instruction, on arrivera à ouvrir les portes du foot et du sport en général, plus facilement et placer plus de femmes dans des comités exécutifs sportifs en général. Autre débat à surveiller.

Ne pas cirer le banc. Ne pas faire banquette.

Bref, tout ça pour vous dire, messieurs (et mesdames les marques) de nous laisser regarder les matchs, de nous laisser nous battre avec nos amis ou nos conjoints quand on voit une faute imaginaire, de nous laisser une bière (ou deux) au frais si on rentre un peu tard du boulot (on l’ouvrira à la mi-temps !), et de nous laisser sortir au stade, chanter, applaudir, festoyer, et s’amuser avec le reste de la population dans les rues ou les bars qui retransmettent les matchs !

(Et non, même si TF1 programme Dirty Dancing et qu’en même temps, sur la 6 t’as la France qui joue, bah au pire, Dirty Dancing, vous avez la cassette, nan ?)

 

 

Laura2

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